D'où vient le nom du quartier du Busca ?

Publié le par arpsm-busca

   Nicolas Chalmandrier (graveur, Paris)
Extrait du Plan de la ville de Toulouse, 1774

Son nom provient de l'ancien château, qui était situé sur la place Henry-Russel. La famille de BUSCA y possédait une métairie. C'était alors le "faubourg du Sauzat".

Pierre de BUSCA, conseiller au Parlement, mort en 1617, époux de Marie d'ESPAIGNE, et leur fils Jean-François, écuyer, ne trouvant personne pour travailler leur métairie, l'afferment vers 1640 à des bouchers dont le bétail, mal gardé, dégrade les vignes.

Acquise par Pol-François de BELOY, docteur et avocat, elle est en si mauvais état que personne ne se présente pour travailler et fournir la semence. Elle passe alors à la famille de MANIBAN. Thomas, avocat général, et Jean, Président au Parlement, possédèrent à Mansencôme, près Condom, à l'annexe du Busca, un château de ce nom.

Jean-François DASPE de Meilhan, Président à Mortier, devient propriétaire du domaine toulousain et fait bâtir le château. La métairie jointe est appelée de Fougasse et le domaine s'accroît considérablement. A son décès, le marquis de CLERMQNT, propriétaire, met en vente (1783).

Au XIX° siècle, le sieur DARAN aîné, propriétaire, proteste contre l'établissement du chemin de Ronde (avenue Crampel) qui partage sa propriété et va mettre les importunités des employés de l'octroi à quelques mètres des fenêtres du château. Ce chemin sectionne une partie du domaine, réduit désormais à un simple champ, jusqu'à la rue des Orfèvres, que séparait déjà la rigole par où s'écoule l'eau d'assèchement du bassin de radoub du canal. En 1814, le canal déborde et le domaine du Busca subit un grand dommage.

Il appartient alors å M. de  CASTELLANE.  C'est l’une des plus belles maisons de plaisance de la banlieue toulousaine, comportant une belle allée de peupliers (rue Edouard Branly), jardin, bosquet à  l’anglaise, cabinets chinois, jets  d'eau,  orangerie, pont sur rigole, et... tannerie, longtemps florissante sous la régie de M. LAVAL jusqu’en en 1842. Cuves et fosses sont alors inutilisables  imprégnées de coaltar, ia compagnie du Gaz ayant utilisé les locaux. M de CASTELLANNE tente d'abord de louer ce domaine :

Annonce location château du Busca - Le Journal de Toulouse Lundi 4 AOUT 1828

JOURNAL POLITIQUE ET LITTÉRAIRE DE TOULOUSE ET DE LA HAUTE-GARONNE.
Annonce location château du Busca - Le Journal de Toulouse JEUDI 3 SEPTEMBRE 1840

ensuite de le vendre mais le prix est trop considérable. Il doit morceler et vendre en parcelles, l'avenue des peupliers est  transformée voie publique faisant perdre ainsi sa valeur au domaine :

"les ventes en parcelles allaient totalement faire perdre à son enclos sa valeur d’agrément que lui donnait son peu de distance de la ville et son isolement de tout voisinage importun, conditions qui ont un grand prix aux yeux des personnes riches."

MM. LAROMIGUIERE, SIPIERE et BISCONTE deviennent adjudicataires, le 14 janvier 1848. A cette date, trente-six petites parcelles avaient déjà été vendues. Un M. de BOISSON est chargé de détailler le reste, en créant des voies nouvelles pour multiplier les "façades". Le prix demandé étant trop élevé, l'affaire marche mal, et le 2 août 1859 un jugement ordonne le partage en trois lots, entre les ayants droits : Jean ESPINASSE, négociant et Jean-Rose DOURDIN de Bordeaux ; Pierre BISCONTE, ex-négociant et Sylvie LAROMIGUIERE., veuve d'Etiennet SIPIERE, ancien contrôleur des douanes; Célestin SIPIERE, vétérinaire de première classe au 1°' régiment des lanciers à Lyon.

Le Journal de Toulouse - 8 Aout 1860

C'est alors que fut démoli le château, considéré comme un obstacle au partage. Dans le second lot fut compris un puits à roue avec noria La tannerie avait été démolie en 1848. Ainsi naquit le quartier du Busca, dit "La Gravette" dans sa partie sud. On ouvrit les rues Rachou, Marceau et Desprez. Le nom encore porté par la place - qui n'avait jamais fait partie du domaine ! - fut perdu par le "chemin" en 1936, devenue avenue Victor-Segoffin, et par l'allée, aujourd'hui Edouard-Branly. Un temps le nom sillonna la ville sur les tramways 24 "Capitole-Busca".

Aux meilleures années, deux "baloches" se succédaient, l'une sur la place du Busca, l'autre sur la place de la Gravette (Henry Russel).

Pierre SALIES.

 

 

ARCHISTRA 126 (Edition tolosane N°10) - Aout-Septembre 1994 (consultable à la Bibliothéque du Patrimoine-rue de Périgord-Toulouse)

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Au début du XXème siècle, deux "baloches" se succédèrent, l'une sur la place du Busca, l'autre sur le place de la Gravette (Henri-Russel):

"De bièro, de clareto,

E de bouno piqueto

De l'an de la Coumeto

Boudiou ! que vaou m'en embuca

Per la Balôcho del Busca"

L'Anric del Busca (1904)

 

Extrait du Plan dédié à Monseigneur de Loménie de Brienne archevêque de Toulouse, par son très humble et très obéissant serviteur, N. Chalmandrier, 1774. Nicolas Chalmandrier (graveur, Paris), Lattré (graveur du roi, Paris). Estampe colorisée, 35 x 41 cm, cuvette 33,5 x 39,5 cm. Echelle 1/12 300. Ville de Toulouse, Archives municipales, ii 684. Domaine public.

 

Plan dédié à Monseigneur de Loménie de Brienne archevêque de Toulouse, par son très humble et très obéissant serviteur, N. Chalmandrier, 1774. Nicolas Chalmandrier (graveur, Paris), Lattré (graveur du roi, Paris). Estampe colorisée, 35 x 41 cm, cuvette 33,5 x 39,5 cm. Echelle 1/12 300. Ville de Toulouse, Archives municipales, ii 684. Domaine public.

Plan dédié à Monseigneur de Loménie de Brienne archevêque de Toulouse, par son très humble et très obéissant serviteur, N. Chalmandrier, 1774. Nicolas Chalmandrier (graveur, Paris), Lattré (graveur du roi, Paris). Estampe colorisée, 35 x 41 cm, cuvette 33,5 x 39,5 cm. Echelle 1/12 300. Ville de Toulouse, Archives municipales, ii 684. Domaine public.

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