Ancienne prison Saint-Michel : Et si on faisait une autre tour ?

Publié le par La Dépêche

11 avril 2017 : Une mise au point nécessaire du Comité de quartier dans "La Dépêche":
SAINT-MICHEL : Le comité de quartier et les tours.
Le comité de quartier Saint-Michel réagit à notre article d’hier sur la possibilité d’une ou deux tours sur le site de l’ex prison.« L’idée d’immeuble plus haut pour dégager de l’espace public au sol et mettre en valeur le patrimoine est une des idées parmi tant d’autres qui fusent en ce moment sur l’aménagement du site de l’ex-prison Saint-Michel. Ce n’est certainement pas la position du Comité de quartier Saint Michel, le débat sur ce sujet parmi d’autres commençant à peine », nous indique son président Guillaume Drijard dans un communiqué.
« En effet, nous allons participer à des réunions, à partir de cette
semaine jusqu’au mois de juin, d’un groupe de travail piloté par Toulouse Métropole qui vise justement à discuter les objectifs et principes de l’aménagement du site, notamment en termes de production de logements.»

Comment caser un auditorium et 11 500 m2 de logements et hôtel dans le cadre contraint de l'ex prison. Le comité de quartier serait ouvert à une ou deux «tours» plutôt qu'à des immeubles rempart encerclant le bâtiment en partie classé.

«Ce qu'il y a de formidable avec une tour, c'est qu'on construit un quartier d'un coup, sur un espace très réduit», nous confiait récemment un des architectes toulousains associés à Daniel Libeskind, l'Américain auteur du projet de la Tour d'Occitanie à Matabiau.

Loin de nous l'idée de transformer Toulouse, ville horizontale par essence, en Hong Kong ou Manhattan occitanes… Mais face au casse-tête que doivent résoudre les pouvoirs publics sur le site de l'ancienne maison d'arrêt Saint-Michel, l'idée de réaliser un, voire deux immeubles de grande hauteur pour caser les 8 000 m2 de logements et les 3 500 m2 d'hôtel prévus par l'Etat vendeur et la Métropole aménageur, n'a rien de stupide. Elle fait même son chemin, notamment chez les riverains.

Car en plus de ces 11 500 m2, le site de l'ex prison doit accueillir un auditorium, qui pourrait grimper jusqu'à 20 m de hauteur (on n'envisage plus de l'enterrer), mais aussi un jardin public, le tout en conservant la majeure partie de l'étoile à cinq branches et la coupole du bâtiment historique. Sans parler du Mémorial de la Résistance qui doit être logé dans le Castelet.

Il ne s'agit pas, à Saint-Michel d'imaginer une tour de 150 m de haut comme à Marengo. «11 000 m2 de logements, cela fait 15 étages dans la Tour d'Occitanie, on pourrait imaginer deux tours, ce qui irait bien dans l'idée de symétrie qui semble au cœur du projet métropolitain», suggère Guillaume Drijard, président du comité de quartier. Deux bâtiments de moins de 10 étages, par exemple. Les deux immeubles ainsi réalisés avec une faible emprise au sol dégageraient un espace important autour du cœur de l'ex prison, qui pourrait accueillir le jardin public qui manque au quartier, tandis que l'étoile remarquable serait préservée et visible depuis l'extérieur, mur d'enceinte et bâtiments accessoires et périphériques, plus récents et sans intérêt, étant détruits. Une façon de défaire le mur avec une ou deux tours…

«Le site est hors PLU (plan local d'urbanisme) du fait de l'auditorium, donc un immeuble de grande hauteur, c'est possible», ajoute Guillaume Drijard.

Un tel projet devra être imaginé en concertation avec les habitants et avec la participation d'urbanistes ou architectes. Avec, pourquoi pas, un concours d'architecture pour dessiner le projet le plus harmonieux et intégré au site et au quartier.


Concertation à venir

Le projet initial de la Métropole et de l'Etat pour l'ex prison Saint-Michel prévoyait plusieurs bâtiments R + 5 autour de la prison, enfermant l'ancien établissement pénitentiaire, fermé depuis fin 2009. Certains des immeubles envisagés donnaient même sur la grande rue Saint-Michel, cachant l'ex prison et l'isolant du reste du quartier. Un plan rejeté par les associations de riverains, comité de quartier Saint-Michel et association des riverains de l'ex maison d'arrêt et du quartier du Busca, qui n'avaient pas été informés en amont de son contenu. Le projet a donc été suspendu et une concertation des associations de riverains prévue. La première réunion, prochaine, n'est pas encore définitivement programmée. Les associations attendent beaucoup de ces rencontres, auxquelles devraient participer les élus concernés de la Métropole, des représentants de l'Etat et des partenaires principaux du projet comme l'architecte des Bâtiments de France, le castelet de l'ex prison étant inscrit au répertoire des monuments historiques.

Philippe Emery

Publié dans media, prison

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