Pour l'auditorium à Saint-Michel, ça discute en coulisses... ce qui irrite les riverains

Publié le par arpsm-busca

Le projet pour le site de l'ex-prison Saint-Michel fait toujours l'objet de discussions entre l'État et la mairie de Toulouse. Côté Toulouse fait le point sur ce dossier qui avance en coulisses.

« La seule certitude, c’est que sur le site de l’ex-prison Saint-Michel, il faut valoriser un projet qui puisse s’intégrer sur ce site et que cela va se faire dans le cadre d’un processus long. C’est à partir d’un tel projet que nous pourrons déterminer un appel d’offres précis».

L’appel d’offres sera lancé avec près de trois ans de retard

C’est en ces termes qu’en août 2015, l’ancien secrétaire général de la préfecture, Thierry Bonnier envisageait le dossier de vente de l’ex-prison Saint-Michel, propriété de l’État. Se donner du temps pour faire le travail proprement : le bras droit du préfet ne croyait pas si bien dire. Alors qu’il envisageait une conclusion de l’appel d’offres pour septembre 2016, cette étape de la vente n’est même pas encore lancée en janvier 2017. Et elle ne le sera probablement pas avant 2018.

> LIRE AUSSI : Toulouse. Comment va se dérouler la vente par l’État de l’ex-prison Saint-Michel

Plus que jamais, ce calendrier démontre la difficulté à traiter ce dossier, ouvert il y a une quinzaine d’années. Un bâtiment public dont une première estimation de prix a été donnée il y a six ans par l’État, 11,5 millions, évolutifs selon que le projet prendrait une dimension plus culturelle ou plus économique.

La phase d’étude préalable du projet se terminera à l’été 2017

Et de projet, il y en a officiellement un depuis 2014. Il s’agit de créer un auditorium sur le site de l’ex-prison. Un auditorium non enterré comme cela avait initialement été proposé en 2014 par Jean-Luc Moudenc alors en campagne.

> LIRE AUSSI : Élu maire, Jean-Luc Moudenc ferait de la prison Saint-Michel une Étoile de la Musique

En 2016, une étude demandée par Toulouse Métropole, et payée à 50% par l’État a abouti à la conclusion de la faisabilité technique de cet auditorium. Sauf que depuis, peu d’informations filtrent sur le sujet.

Du côté de la préfecture de Haute-Garonne, le temps est aux déclarations concises :

"L’État poursuit avec la Ville, la phase d’étude préalable du projet. Dès que cette étape sera terminée, vraisemblablement à l’été 2017, une phase de concertation publique sera mise en oeuvre."

Les riverains craignent d’être les oubliés du projet

En novembre 2016 s’est réuni le dernier comité de pilotage réunissant la Ville et l’État. « Le dialogue est fructueux entre nous, assure Marie Déqué, conseillère municipale déléguée aux Musiques à Toulouse Métropole, en charge du projet Grand Auditorium. Le temps est venu d’établir un document qui va faire état de là où nous en sommes et qui va reprendre les acquis de l’étude réalisée. La concertation publique viendra après ».

Mais avant la concertation publique, le maire de Toulouse a annoncé qu’une concertation préalable sera lancée auprès des riverains. Ces derniers, ne voyant rien venir, commencent à s’impatienter…

"Non seulement nous ne sommes pas associés aux réflexions du comité de pilotage, mais celui-ci avance sur le projet qui prend une nouvelle direction avec de la promotion immobilière qui serait priorisée sur les espaces publics attendus depuis longtemps par les habitants et usagers du quartier, dénonce le comité de quartier Saint-Michel."

Les immeubles construits autour de l’ex-prison ne seraient pas « encombrants »

Cette évolution globale du projet crispe ces riverains qui avaient plutôt accueilli positivement le projet d’Étoile de la Musique dans lequel, outre l’Auditorium de 1 900 places, sont prévues des salles d’initiation à la musique pour le jeune public ou encore des lieux de vie (restauration, ateliers créatifs…).

Marie Déqué tente de les rassurer : « L’État souhaite valoriser sa propriété et dans cette perspective, il a fait état de possibles constructions autour de l’ex-prison mais ceci dans un cadre très régulé. Il ne faut pas penser que cela va être encombrant ».

Des propos que le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, sera certainement amené à étayer dans le cadre de la concertation avec les riverains qui devrait intervenir avant l’été.

David Saint-Sernin

Journaliste

Commenter cet article