Un collectif pour sauver les Toulousaines du Busca

Publié le par La Dépêche

Un collectif pour sauver les Toulousaines du Busca

La Dépêche du 4 août nous informe que plusieurs projets immobiliers viennent d’être autorisés par la Mairie dans le quartier Montplaisir; d'autres projets sont-ils en prévision au Busca ?

Au 25 rue des Martyrs de la Libération, une superbe Toulousaine construite au début du XXe siècle, rehaussée d'une marquise en verre, disparaît sous un toit de verdure. Cette maison sur une parcelle de 1 000 m2 est inhabitée depuis un an. Et promise depuis une semaine, à la démolition pour faire place à un ensemble résidentiel R +4 de 20 logements. Protégés par les Bâtiments de France, seuls la façade, la marquise, la grille et le superbe magnolia du jardin, seront préservés. Ce qui fait réagir Jacques Servent, qui depuis plus de vingt ans, habite le quartier : «Pourquoi préserver certains éléments et détruire le reste ? Une maison est un ensemble». Cette démolition programmée est jugée inacceptable pour nombre de riverains qui ont décidé de créer l'association de défense du quartier Monplaisir, présidée par Bernard Montazeau. Ce collectif compte déjà plus de 400 personnes. Son but ? Tout d'abord aider les riverains dans leur démarche. Et ensuite demander en septembre que le Plan local d'urbanisme (PLU) soit modifié pour faire basculer le quartier en zone d'habitat modéré. «Nous avons déposé officiellement la demande auprès de la mairie. Elle est pour l'heure, en cours d'instruction». Une démarche logique dans la candidature de Toulouse au patrimoine mondial de l'Unesco.

«Ce quartier situé près du Jardin des Plantes, du musée Labit et du canal du Midi, jadis de maraîcher, est chargé d'histoire, poursuit Bernard Montazeau. Un quartier assorti à la fois d'anciennes toulousaines et de magnifiques demeures Art Déco construites à la fin XIXe, début XXe siècle. Notre association a décidé de se battre pour protéger le quartier des coups de tractopelle et de l'avidité des prometteurs». Avisé, Jacques Servant, s'interroge : «Ce quartier est un îlot authentique et verdoyant. Je peine à comprendre cette densification urbaine. La rue des Martyrs par exemple est un lieu familial de promenade. C'est choquant qu'une Toulousaine soit démolie». Il poursuit : «De plus, pourquoi les Bâtiments de France ne protègent-ils que les façades des rues Monplaisir, Martyrs de la Libération et Fleurance ?» En attendant, avec un projet validé par la mairie, le sort de la Toulousaine de la rue des Martyrs semble scellé. «Nous avons tout de même une possibilité de recours à l'amiable», martèle un habitant et membre de l'association, inquiet par le devenir de ce quartier. Quant au promoteur Sogeprom, par la voix de Christophe Loux, il se veut rassurant : «Loin d'être une banale opération immobilière, ce projet de qualité s'inscrit dans l'histoire du quartier, d'où la préservation de plusieurs éléments».

Silvana Grasso

Publié dans media

Commenter cet article