Comment va se dérouler la vente par l'État de l'ex-prison Saint-Michel

Publié le par Cote Toulouse

Depuis le début 2015, la confusion entoure le dossier de la vente de l'ex-prison Saint-Michel à Toulouse. D'après l'interview deThierry Bonnier, secrétaire général de la préfecture dans Coté Toulouse du 20 Aout 2015, les espaces verts annoncés par J.L Moudenc lors de la campagne électorale début 2015 risquent d'être remplacés par des immeubles de logements. L'association des Riverains de la Prison St Michel et du Busca s'opposera fermement à cette bétonisation alors que le quartier a déjà sacrifié de nombreux espaces verts aux promoteurs. Et c'est en totale contradiction avec l’amélioration du climat dans les villes comme l'a exprimé le colloque de cet été à Toulouse

Depuis le début de l’année 2015, le dossier de la vente par l’État de l’ex-prison Saint-Michel a évolué au rythme d’annonces successives amenant une certaine confusion sur le calendrier du processus à venir. Au sortir de l’hiver, la mairie de Toulouse annonçait qu’une étude de faisabilité de son projet d’auditorium sur le site allait être lancée et surtout co-financée par l’État à hauteur de 50%.

Au printemps, l’État, par la voix de la préfecture, annonçait le lancement d’une procédure d’appel d’offres. Deux annonces qui s’étaient quelque peu télescopées et avaient semé le trouble quant au timing prévu entre la livraison de l’étude et le lancement de l’appel d’offres. Alors que nous venons de commémorer les 71 ans de la Libération de Toulouse, Thierry Bonnier, le secrétaire général de la préfecture précise les modalités et le calendrier de cette vente. Interview.

Côté Toulouse : Suite à plusieurs annonces, une certaine confusion semble régner sur le dossier de la vente de l’ex-prison Saint-Michel. Où en est le processus ?

Thierry Bonnier : La seule certitude, c’est qu’il faut valoriser un projet qui puisse s’intégrer sur ce site et que cela va se faire dans le cadre d’un processus long. C’est à partir d’un tel projet que nous pourrons déterminer un appel d’offres précis. Le séquencement est donc important. Il y a un souhait exprimé de la part de la mairie de Toulouse qui est celui de créer un auditorium sur l’ex-prison Saint-Michel et de garder le site en l’état.

Sur ce souhait, nous avons décidé de financer conjointement avec elle une étude de faisabilité qui va devoir déterminer quel type d’auditorium (sa jauge, structure enterrée, semi-enterée) il faut pour Toulouse et si cet équipement peut s’intégrer sur le site de l’ex-prison Saint-Michel. Cette étude n’a pas encore été lancée. Elle le sera en septembre 2015 et ce travail sera rendu au début de l’année 2016.

C.T : Quid de l’appel d’offres dont le lancement avait été évoqué pour cet automne ?

T.B : Le futur appel d’offres intègrera les souhaits de la Ville de Toulouse et, de fait, il ne sera bien évidemment pas lancé avant que l’étude que nous co-finançons ne soit rendue. Néanmoins, nous avons déjà entrepris un travail préparatoire sans attendre les résultats de l’étude. Il s’agit de travaux sur des éléments techniques comme les relevés cadastraux.

Nous organisons aussi des réunions avec la mairie et la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) sur le sujet. Suite à ce travail collectif et quand nous disposerons des résultats de l’étude début 2016, nous aurons besoin de deux mois pour élaborer un cahier des charges précis. Ce n’est qu’après ce délai de deux mois minimum que nous lancerons l’appel d’offres.

C.T : Quand choisirez-vous le projet ?

T.B : Suite au lancement de l’appel d’offres, des porteurs de projet vont nous faire des propositions, ce qui demandera un certain temps, car il faudra que les projets trouvent leur équilibre économique.

L’appel d’offres laissera donc suffisamment de temps, au moins trois mois, pour faire émerger un projet de qualité. Nous laisserons vraisemblablement passer l’été et l’on peut envisager une ouverture des plis à l’automne 2016.

C.T : À quel niveau pourrait se situer le prix de vente. La dernière estimation du site, 11,3 millions d’euros, date de quelques années…

T.B : La première remarque, c’est que dans le cadre de l’appel d’offres, nous pouvons être très précis dans le choix de la vocation future du site comme ne pas l’être. Pour le cas de l’ex-prison Saint-Michel, nous ne fermerons pas l’appel d’offres comme cela peut arriver.

Ici, notre volonté sera d’orienter sans enfermer. Compte-tenu de ce fait, l’estimation pourra être variable. Comme dans tout appel d’offre, si le projet choisi a une vocation économique, le prix de vente sera élevé alors que si la vocation est culturelle ou sociale, il sera plutôt bas.

Il faut aussi y intégrer le principe de la décote suivant le nombre de logements sociaux qui pourrait faire partie du projet choisi. Pour conclure, l’estimation de 11,3 millions d’euros était basée sur les prix du marché immobilier dans le quartier Saint-Michel. On peut considérer que c’était un prix situé dans la fourchette haute. Suivant le projet, la prochaine estimation pourrait être de cet ordre ou inférieure.

David Saint-Sernin

Journaliste

Publié dans media, prison

Commenter cet article