Prison Saint-Michel : une Maison des Libertés, Sup de Co ou un auditorium ?

Publié le par La Dépêche du Midi

Prison Saint-Michel : une Maison des Libertés, Sup de Co ou un auditorium ?

Prison Saint-Michel : une Maison des Libertés, Sup de Co ou un auditorium ?

Le projet de Maison des Libertés proposé par les étudiants en master de la fac du Capitole./Infographie DDM

Des étudiants en master à la fac du Capitole ont travaillé sur une Maison des Libertés dans l’ex prison. Jean-Luc Moudenc propose aujourd’hui un autre projet culturel, probablement à tonalité plus musicale.

Faut-il raser la prison Saint-Michel, comme le suggère le poète toulousain Serge Pey, au nom de la Liberté ? Cinq étudiants de l’Université Toulouse I Capitole (1) souhaitent, eux, retourner complètement le problème en faisant de l’ex prison, une «Maison des Libertés».

Ils imaginent un lieu culturel, artistique, mémoriel, éducatif et ludique, avec restaurant, auberge de jeunesse, résidence d’artistes, salles d’expo, ateliers, jardin public et pédagogique, jeux d’enfants, mur d’escalade (sur l’un des morceaux du mur d’enceinte conservés au titre du souvenir) et scène à ciel ouvert (avec possible festival de cinéma, l’été, associant la salle du «Le Cratère»).

«Ce serait un vrai lieu de vie, avec des artistes, des enfants, du monde, du bruit, de la création, des spectacles, de la musique, des colloques», résume Caroline Frinault, l’une des porte-parole du groupe auteur du projet.

L’ossature originale du bâtiment, l’étoile à cinq branches autour de la rotonde centrale, conservée et mise en valeur, devrait s’ouvrir sur l’extérieur, avec baies et toitures vitrées, pour la transparence, et accueil d’artistes et de jeunes de la ville et du monde entier.

«Tout serait conçu autour des Libertés : expos, œuvres, enseignement, recherche, festival, à contrepied de l’enfermement», précise Nathalie Cousin, qui a aussi exercé professionnellement dans l’animation culturelle. Reste à trouver les partenaires et le porteur de projet qui permettraient de le financer.

L’idée, séduisante, est à verser au débat, en ce moment au cœur de la campagne municipale. Christine de Veyrac (UDI) propose un centre artisanal. Pierre Cohen (PS) est, lui, favorable à la venue de Sup de Co ou d’une grande école. Jean-Luc Moudenc (UMP) présente ce lundi à la presse son «projet culturel de grande envergure». On pense à l’auditorium que sa colistière Marie Déqué, son ex-adjointe à la Culture, a proposé à Saint-Michel. La grande salle de musique souhaitée par le chef Tugan Sokhiev pour l’Orchestre du Capitole a aussi été annoncée au Ramier. L’ancien maire aurait tranché pour un auditorium enterré sous Saint-Michel afin de conserver l’étoile à 5 branches.

1- Les 3 Français et 2 Allemands (3 filles, 2 garçons), sont en master Administration des activités culturelles

Le chiffre : 60

millions d’€> L’investissement nécessaire à la réhabilitation. 50 à 60 M€ seraient nécessaires à la réhabilitation de l’étoile à cinq branches et de la rotonde. Un coût qui fait obstacle, pour l’instant, à tout projet culturel.

En Allemagne et en Espagne

En Allemagne, une ancienne prison a été transformée en Maison de l’Éducation à Schwäbisch-Hall, avec université du temps libre, école de musique, cours et orchestre. Le groupe d’étudiants toulousain (qui comprend deux Allemands) s’est rendu sur place et s’est inspiré de ce modèle. En Espagne, à Palencia, près de Burgos, une prison de type philadelphien, tout comme celle de Saint-Michel a été transformée en centre culturel en 2011. Les étudiants du master vont la visiter en mars. A contrario, à Lyon, il ne reste de l’ex prison (du même type que Toulouse) qu’une seule aile sur cinq, et la rotonde, suite à l’accueil de l’université catholique. Les riverains craignent que le projet Sup de Co ne puisse se faire à Saint-Michel qu’en cassant une partie de la prison.

Philippe Emery

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